Erasmus+ : au Cameroun, l’EAFC-Uccle fait avancer la gestion numérique des déchets

Du 27 avril au 8 mai 2026, une délégation de l’EAFC-Uccle s’est rendue à Yaoundé, au Cameroun, dans le cadre d’une nouvelle mobilité Erasmus+ avec l’Université de Yaoundé I et son École Nationale Supérieure Polytechnique. Cette deuxième mission a permis de poursuivre le travail engagé en 2025 et de franchir une nouvelle étape : passer du diagnostic à la conception de solutions concrètes pour une gestion plus moderne et durable des déchets urbains.

Deux années de coopération entre Bruxelles et Yaoundé

Cette mission s’inscrit dans le cadre du partenariat Erasmus+ entre l’EAFC-Uccle et l’Université de Yaoundé I, plus particulièrement son École Nationale Supérieure Polytechnique.

Elle fait suite à une première rencontre de la délégation camerounaise à l’EAFC-Uccle en mars 2025 et à une première mobilité organisée du 28 avril au 8 mai 2025, à laquelle avaient participé Diane Njoya et Alain Mbayo.

Cette première mission avait permis de mieux comprendre les enjeux liés à la gestion des déchets au Cameroun, mais aussi d’identifier plusieurs besoins : manque de données fiables, infrastructures de collecte et de traitement insuffisantes, faible valorisation des déchets, contraintes financières et absence de mécanismes de suivi suffisamment efficaces.

Les rencontres avec les étudiants, les institutions, les acteurs locaux et les start-ups, ainsi que les visites de terrain, notamment au centre d’enfouissement de Nkolfoulou, avaient confirmé l’importance de développer des solutions adaptées au contexte local.

La deuxième mobilité avait donc un objectif clair : faire avancer concrètement le projet.

De l’observation à l’action

Pour cette nouvelle mission, l’équipe de l’EAFC-Uccle était composée de Diane Njoya, Alain Mbayo et Aline Dangreau.

Le travail mené à Yaoundé s’est articulé autour de plusieurs axes : suivi des actions engagées en 2025, évaluation des activités pédagogiques, échanges avec les institutions camerounaises et développement d’une proposition de solution numérique pour la gestion des déchets.

Cette approche illustre pleinement l’intérêt d’un projet Erasmus+ : les échanges internationaux ne se limitent pas à des rencontres. Ils permettent de croiser les compétences, de partager des pratiques et de construire ensemble des réponses à des problématiques concrètes.

Renforcer les liens avec l’Université de Yaoundé I

La délégation de l’EAFC-Uccle a notamment rencontré le Professeur Raoul Domingo Ayissi, Directeur de l’École Nationale Supérieure Polytechnique.

Cette rencontre a permis la remise officielle d’un document de synthèse consacré aux travaux réalisés et l’échange autour des moyens de faire vivre le partenariat sur le long terme.

Une visite du Centre High-Tech de Polytechnique a également été organisée afin de renforcer les collaborations dans les domaines technologiques et pédagogiques.

D’autres rencontres institutionnelles ont permis d’élargir la réflexion aux enjeux urbains et environnementaux.

La délégation a notamment échangé avec des représentants de la Communauté urbaine de Yaoundé ainsi qu’avec Yannick Martial Ayissi Eloundou, Maire de Yaoundé II.

Ces échanges ont notamment porté sur les perspectives d’intégration d’une application destinée à faciliter la précollecte des déchets et sur l’adéquation du projet avec les réalités et les plans d’aménagement urbain.

Les étudiants au cœur du projet

Le projet Erasmus+ accorde également une place importante à la dimension pédagogique.

Le 6 mai 2026, une séance de feedback et d’évaluation a réuni des étudiants en génie informatique ainsi qu’en mathématiques et modélisation industrielle ayant participé aux ateliers de 2025.

L’objectif était de mesurer l’appropriation des enseignements, de recueillir leurs retours et d’observer les premiers développements réalisés autour des solutions numériques de gestion des déchets.

Les résultats sont particulièrement encourageants.

Deux étudiants de l’École Nationale Supérieure Polytechnique se sont notamment approprié les méthodes SCRUM et Agile abordées lors des ateliers de 2025 et ont commencé de manière autonome à développer une application permettant notamment la gestion des déchets et la géolocalisation des bacs.

Une belle illustration de la manière dont un échange pédagogique peut déboucher sur une initiative concrète portée directement par les étudiants.

Quand le numérique rencontre les enjeux environnementaux

La mission a également permis à la délégation de découvrir plusieurs initiatives locales dans le domaine de la valorisation des déchets plastiques.

Accompagnée par Asse Mvogo, ingénieur des mines et environnement, l’équipe a notamment découvert Redplast, spécialisée dans les solutions de gestion des déchets plastiques, ainsi que Eco Collect, un programme consacré à la collecte sélective, au tri et à la valorisation des déchets.

La délégation a également visité une unité de valorisation des déchets plastiques à Nsimeyong II ainsi qu’une unité transformant les déchets plastiques en pavés.

Ces visites ont permis de mieux comprendre les initiatives déjà développées localement et d’identifier les possibilités de renforcer ces chaînes de collecte et de valorisation grâce aux outils numériques.

Une solution numérique en construction

L’un des résultats majeurs de cette deuxième mission est l’élaboration d’un document d’analyse fonctionnelle générale d’une plateforme numérique de gestion des déchets.

Ce document définit les besoins et les fonctionnalités nécessaires à une future solution numérique.

L’objectif est notamment de pouvoir améliorer la collecte, le suivi et la gestion des déchets urbains, tout en disposant de données plus fiables pour accompagner la prise de décision.

Le projet s’appuie également sur une contribution scientifique importante : un modèle mathématique destiné à optimiser la gestion des déchets en milieu urbain a été présenté lors de la conférence de clôture.

Développé par le Professeur Rémy Magloire Dieudonné Etoua, Recteur de l’Université de Yaoundé I, le Professeur Isidore Ngongo et le Dr Koumbé Mbock, avec l’expertise du mathématicien Abdon Atangana, ce modèle pourrait contribuer à optimiser les flux urbains et les stratégies de collecte et de traitement des déchets.

Une conférence pour clôturer deux années de collaboration

La mission s’est terminée le 7 mai 2026 par une conférence-débat organisée dans la Salle des Actes de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de l’Université de Yaoundé I.

Cette rencontre a permis de revenir sur les deux années de collaboration entre les partenaires et de présenter les résultats obtenus.

Les participants ont notamment pu découvrir :

  • les spécifications fonctionnelles de la future plateforme numérique ;
  • les perspectives de numérisation de la gestion des déchets ;
  • les enjeux liés à la durabilité et à l’innovation technologique ;
  • le rôle de l’EAFC-Uccle dans le projet ;
  • le modèle mathématique développé par les chercheurs de l’Université de Yaoundé I.

Cette conférence a surtout marqué une étape importante dans le projet : le passage d’une phase d’observation et de diagnostic à une phase de conception et d’expérimentation.

Des résultats qui dépassent le cadre du projet

Au-delà du développement de la future plateforme numérique, les actions menées ont produit plusieurs résultats.

L’analyse des retours des étudiants montre notamment un effet positif et durable des activités de sensibilisation sur les comportements liés à la protection de la biodiversité et à la gestion des déchets.

Le projet présente également un intérêt académique. Le document d’analyse fonctionnelle remis à l’Université de Yaoundé I et à l’École Nationale Supérieure Polytechnique pourra notamment servir de support à de futurs travaux de recherche appliquée, épreuves intégrées ou travaux de fin d’études.

Le projet Erasmus+ crée ainsi des passerelles entre enseignement, recherche, innovation numérique et enjeux environnementaux.

Et maintenant ?

Cette deuxième mobilité ouvre désormais la voie à une nouvelle phase du projet.

Plusieurs perspectives ont été identifiées, parmi lesquelles :

  • poursuivre le développement de la plateforme numérique de gestion des déchets ;
  • mettre en place un projet pilote dans la commune de Yaoundé II ;
  • accompagner les étudiants développeurs dans la poursuite de leurs travaux ;
  • développer une base de données centralisée ;
  • renforcer la participation des collectivités locales ;
  • encourager la recherche appliquée ;
  • poursuivre les actions de sensibilisation environnementale ;
  • renforcer les partenariats internationaux et institutionnels.

L’ambition est donc claire : transformer les connaissances et les échanges construits au fil des mobilités en solutions concrètes et durables.

Erasmus+ : apprendre, transmettre et construire ensemble

Cette deuxième mission au Cameroun illustre pleinement ce que peut apporter la coopération internationale dans le cadre d’un programme Erasmus+.

Pour l’EAFC-Uccle, il ne s’agit pas uniquement de permettre des mobilités à l’étranger. Il s’agit aussi de partager des compétences, de transmettre des savoirs, de créer des collaborations et de contribuer à des projets qui répondent à des enjeux réels.

Après deux années de travail entre l’EAFC-Uccle et l’Université de Yaoundé I, le projet consacré à la gestion numérique des déchets au Cameroun entre désormais dans une nouvelle phase.

Et la suite s’écrira, elle aussi, collectivement.

Un projet qui démontre qu’en croisant l’enseignement, l’innovation et la coopération internationale, il est possible de faire émerger des solutions adaptées aux défis environnementaux d’aujourd’hui.